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Clotilde Maillard

 

“La peinture me permet de traduire en formes et en couleurs ce que je ressens en observant le monde qui m’entoure. J’aime peindre ce qui me fait rêver et ce qui me permet de progresser dans ma quête intellectuelle et personnelle : un jeu de lumière, une tension d’ombre, une présence qui me hante ou un espace qui m’invite à approfondir ma perception. 

Partant de ces moments de perception intense, je les documente, les accumule comme des fragments visuels, sous forme de photographies, de notes ou de videos, puis je construis mes tableaux en privilégiant la lumière, la composition et la matérialité de la peinture. Chaque image doit se suffire à elle-même, imposer sa présence dans l’esprit du spectateur. 

Ma peinture donne libre cours à chaque imaginaire, tout en reposant sur un travail artistique rigoureux. En choisissant de suggérer plutôt que d’expliquer, je permets à chacun de ressentir l’image plutôt que de chercher à la nommer.“

Clotilde Maillard est une artiste peintre française née en 1960. Formée aux ateliers Penninghen à Paris, où elle a approfondi les techniques picturales classiques, elle développe une peinture inscrite dans une quête introspective où sensibilité et perception visuelle structurent son travail. Elle explore une variété de supports (toile, bois, papier, tissu, plexiglass) et de techniques (huile, acrylique, tempera, pastel, encre, fusain), abordant aussi bien le portrait que le paysage, le modèle vivant que l’abstraction figurative ancrée dans le réel.

Membre du Collectif “Dessiner le Vivant”, elle a collaboré autour de la représentation du mouvement (danse contemporaine, tango, chevaux), en conjuguant observation, performance et création. 

Ses oeuvres ont été présentées dans des contextes variés en Occitanie (notamment à Béziers et Sète) et en Catalogne (“La Ruta de l’Art” à Castillo d’Empúries et MEAM Hall de Barcelone). Elle a été invitée en 2024 et 2025 à participer à deux résidences en Normandie consacrées à la peinture du patrimoine français.

En 2026, elle a été récompensée d’une médaille de bronze par la Société des Artistes Français à Art Capital, Paris.

Elle est également devenue membre de la Fondation Taylor en 2026.

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“Painting allows me to translate into form and color what I feel as I observe the world around me. I like to paint what makes me dream and what helps me move forward in my intellectual and personal quest: a play of light, a tension of shadow, a presence that haunts me, or a space that invites me to deepen my perception.

Starting from these moments of intense perception, I document them and accumulate them as visual fragments—photographs, notes, or videos—then I build my paintings by giving priority to light, composition, and the materiality of paint. Each image must stand on its own, asserting its presence in the viewer’s mind.

My painting leaves room for free imagination while being grounded in a rigorous artistic process. By choosing to suggest rather than explain, I allow each viewer to feel the image instead of trying to name it.”

Clotilde Maillard is a French painter, born in 1960. She trained at the Penninghen workshops in Paris, where she developed a strong grounding in traditional painting techniques. Her practice is rooted in an introspective approach in which sensitivity and visual perception play a central role.

Working across canvas, wood, paper, fabric, and Plexiglas, she employs a wide range of techniques, including oil, acrylic, tempera, pastel, ink, and charcoal. Her work moves between portraiture, landscape, the life model, and figurative abstraction grounded in the observed world.

As a member of the Dessiner le Vivant collective, she has taken part in collaborative projects exploring the representation of movement, particularly in contemporary dance, tango, and equestrian subjects, bringing together observation, performance, and painting.

Her work has been exhibited extensively in Occitanie, notably in Béziers and Sète, as well as in Catalonia, including La Ruta de l’Art in Castelló d’Empúries and at MEAM Hall in Barcelona. In 2024 and 2025, she was invited to participate in two artist residencies in Normandy focused on painting French cultural heritage.

In 2026, she was awarded a Bronze Medal by the Société des Artistes Français at Art Capital in Paris.

She was also elected a member of the Fondation Taylor in 2026.

 

 

Armel Ferroudj-Bégou

EN CORPS ET ENCORE

Longtemps, dans le grand salon de la maison, Clotilde Maillard enfant, a rêvé devant les tableaux d’Émile Maillard, son arrière grand-père, Peintre officiel de la Marine. Évasion, admiration et naissance d’une passion. Un savoir-faire exemplaire qu’elle apprendra et peaufinera à l’académie Julian, dans la classe de dessin de Roland Guillaumel, grand prix de Rome de sculpture. Puis le grand saut avec les pinceaux.

L’envie. Son trait précis capte tout ce qui vit. Sa palette alerte colore l’émotion et la met en lumière. L’acuité. Portraitiste aiguisée, c’est un festival de gueules et autant de sentiments cachés, couchés sur la toile. Sa famille, ses amis, ses rencontres. Un réalisme comme une radiographie teintée d’humour décalé. Des corps en mouvement saisis au bon moment. Surtout les femmes qu’elle chérie et glorifie d’une pudeur provocante et qui vous toisent, nues, en contre-plongée, du haut de leurs longues jambes. La résilience, ou, petite fille, elle court apaisée en oubliant parmi les oies bienveillantes, la tristesse lissée d’un traumatisme passé.

L’observation. Même ses paysages habités, respirent et inspirent.« Je doute souvent mais j’ose toujours », dit-elle. Elle a raison, car c’est par nos failles que passe la lumière…

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In the Grand Salon of her French home Clotilde Mailllard, as a child, spent long hours dreaming as she studied the paintings of her great grandfather artist Emile Maillard who, in 1891 had been appointed official painter for the French Navy.

From this period of escapism & admiration a passion was born. Spurred on by his exemplary expertise she will continue to study & refine her work at the Académie Julian in Paris in the drawing class of Roland Guillaumel (who in 1951 was awarded the Grand Prix de Rome for Sculpture) before taking up her paint brushes to begin her career as an artist.

Her desire is to capture everything that lives and with precise brush strokes & a lively palette to bring colour & light to the emotion she portrays.

Visual awareness is apparent in her polished style in portraiture – a festival of faces (family, friends, encounters) so many hidden feelings revealed on the canvas, producing wonderful likenesses, often tinged with her quirky sense of humour. As a figurative painter she captures bodies in motion at the right time, above all of women whom she cherishes & glorifies. They look down at you from the top of their long legs. Her resilience dates from her childhood when she ran among the benevolent geese, accepting the traumas of the past.

She shows her powers of observation with her inhabited landscapes which appear to breathe & are a source of inspiration.

“I often doubt but I always dare,” she says. She is right because it is through our faults that light passes.

Maguy Tordjman

Clotilde Maillard fait des visages des paysages.

Elle figure la puissance d’une présence et son mystère irréductible, elle se saisit des peaux, des yeux, des mains. Ainsi en va-t-il des gueules en gros plans, vibrantes et insondables. Ainsi les mises en scène de groupes, anecdotiques comme des peintures de circonstances, dont les modèles ont une pose désinvolte mais parcourue de tension dramatique (par-delà le halo des identités, une sourde présence d’un invisible qui pèse).

Plusieurs huiles sur toiles sont des   allégories : « La luette indécente », « Couronnement », « Dissonance cognitive ». Dans ce dernier tableau au titre abstrait, elle campe une bourgeoise en fourrure, lèvres fines, yeux perçants, à la toque en feu renard. Cependant, la vigne aux grains mûrs appétissants, qu’on voudrait mordre mais qu’on ne peut atteindre, nous rappelle l’apologue “Le Renard et les Raisins” de La Fontaine, je ne boirai pas de ton eau…

Elle chemine, elle a cette quête exigeante où voir et savoir s’enlacent, elle s’emploie avec détermination à regarder pour garder, à prendre et comprendre, à deviner. Sur la toile, son pinceau est avide de la richesse sémantique du verbe “figurer”. Ainsi son bestiaire de chats roux aux yeux scrutateurs (Maître Chat, Midi en été), d’un hippopotame immergé dans des eaux saumâtres tandis qu’un jeune railleur ricane, doigt tendu pour faire disparaître l’adolescente à la carnation rose (Co-évolution antagoniste), l’altier cheval bai dont l’ombre portée violette participe presque sereinement à la géométrie colorée des lignes tracées par le soleil et les arbres (Un soir).

Clotilde Maillard aime peindre des faces transfigurées. Dans son travail, il y a aussi des mises en scène drolatiques, des rires tonitruants, des poses extravagantes, des femmes nues qui crèvent l’écran.

Le collectif “Dessiner le vivant” auquel elle appartient décline gravures, impressions sur tissu, dessins, peintures… Deux danseurs de tango ont dansé pour eux. Elle en a fait des dessins à l’encre, dont quelques cercles bleus en parachèvent la dynamique dans une échappée rythmée. Le couple a proposé une performance étonnante : dans l’obscurité, nus,  cagoulés, gantés et chaussés de cuir rouge, ils ont chaloupé. Elle en a immortalisé des positions félines au pastel, à l’encre et à l’huile.

Il   faut aussi évoquer ses paysages qui vivent en nous quand on s’en est éloigné. Les phacélies, sensuelles, les vertes tiges si près d’être touchées, leur tenue de tête rose, souple et légère (Champs de phacélies).  L’étrange corps masculin à la surface de l’eau et sous lui, la beauté  hypnotique des végétaux qui oscillent (Immersion). Dans « La fontaine du Titan », la luxuriante, somptueuse flore qui rend une musique chromatique tandis que des statues mythologiques s’emmêlent aux flancs d’un cheval fougueux. L’eau irisée, les crépuscules, la tempête et la brume.  Et les arbres aux feuilles voilées.

Et, la lumière et les couleurs si vives..

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Clotilde Maillard turns faces into landscapes.

She captures the power of presence and its irreducible mystery, focusing on skin, eyes, and hands. This is evident in her close-up portraits, vivid and unfathomable. It is equally present in her group scenes, seemingly anecdotal, like paintings of particular occasions, where the sitters adopt casual poses charged with dramatic tension—beyond the aura of individual identities, a muted sense of something unseen, something weighing upon the scene.

Several of her oil paintings are allegories: The Indecent Uvula, Coronation, Cognitive Dissonance. In the latter, whose title is deliberately abstract, she portrays a fur-clad bourgeois woman with thin lips and penetrating eyes, wearing a fox-fur hat. Yet the bunch of ripe, tempting grapes—close enough to make us want to bite, yet forever beyond reach—recalls La Fontaine’s fable The Fox and the Grapes: “I’ll have none of your water…”

She is on a journey, pursuing a demanding quest in which seeing and knowing become intertwined. She looks with determination in order to retain, to grasp and understand, to intuit. On the canvas, her brush is drawn to the semantic richness of the verb “to depict.” Hence her menagerie: ginger cats with searching eyes (Puss in Boots, Midsummer); a hippopotamus submerged in brackish waters while a mocking young man sniggers, pointing a finger as though he could make the pink-skinned adolescent girl disappear (Antagonistic Co-evolution); and the proud bay horse whose violet cast shadow contributes almost serenely to the coloured geometry of lines traced by sunlight and trees (An Evening).

Clotilde Maillard likes to paint transfigured faces. Her work also encompasses humorous tableaux, roaring laughter, extravagant poses, and naked women who seem to burst through the frame.

The “Dessiner le vivant” collective, of which she is a member, works across printmaking, fabric printing, drawing, and painting. Two tango dancers performed for the group. She translated their movements into ink drawings, completing their rhythmic momentum with a few blue circles that carry the eye outward. The couple also offered a striking performance: in darkness, naked, hooded, gloved, and wearing red leather footwear, they moved with a slow, rolling rhythm. She captured their feline poses in pastel, ink, and oil.

Her landscapes, too, deserve attention: places that remain alive within us long after we have left them behind. Sensuous phacelia flowers, their green stems seemingly close enough to touch, their soft, delicate pink heads held aloft (Phacelia Fields). The strange male body floating at the water’s surface, and beneath it, the hypnotic beauty of vegetation swaying in the depths (Immersion). In The Titan’s Fountain, lush and sumptuous foliage creates a chromatic music, while mythological statues intertwine with the flanks of a spirited horse. Iridescent water, twilight, storms, and mist. And trees veiled in foliage.

And then there is the light, and the vividness of the colours…

 

Joanne Grant

I first met Clotilde Maillard at a Residential Al Fresco painting week in 2018. I could see at once that I was enjoying the honour of painting alongside an amazing artist.

Since that week we have been friends and I have had the pleasure of painting with her in her studio at home. There I was able to view the completed works still in her possession and to appreciate the quality of her painting first hand. I remember particularly her work from her Tango Exhibition which had just ended. She had caught the movement of the dancers so perfectly that I half expected them to move out of the canvas! These are beautiful compositions reflecting the sensuous nature of the dance and the relationships between the dancers so well.

Several paintings illustrate remembered childhood moments in Clotilde Maillard’s young life and one can recognize one’s own angry distress while being teased by a sibling (Co-évolution antagoniste), or the wonderful release of running away into nature after an unpleasant event – in her case, dancing out among beautiful white geese (L’oie Blanche). The emotions are captured in beautiful works of art.

Clotilde Maillard’s oil landscapes are amazing. Her observational skills are so keen and she captures not only the view but the sense of the place as well. They are accomplished and beautifully painted. I personally love the extra dimension of fulsomeness and vibrancy that her ink landscapes hold too.

In my view, Clotilde Maillard excels as a portrait painter. The work is honest. I don’t detect any sentimentality. At times there are little hints of stylisation which are artistically important in her interpretation of her subject. Her style is sometimes a little graphic, which I love. Her master of drawing and colour both come together to bring us a sense of the character of the sitter. These are some of the attributes which I think make Clotilde Maillard the unique painter that she is today, whatever she is painting.

Again, and very subjectively, I have to admit to a special delight in her ink portraits where I feel a flow with a slightly different sensitivity and colours that are so clear and luminous.

Whether she is painting to celebrate the female form or to capture a moment in time or to smile a little with her sitter or to create the beautv she ses in Nature, Clotilde Maillard demonstrates time and again that she is master of her art and I look forward to seing where her journey takes her on her road into the future.

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J’ai rencontré Clotilde Maillard pour la première fois en 2018 lors d’un stage résidentiel de peinture sur le motif. Dès le début, j’ai mesuré la chance que j’avais de peindre aux côtés d’une artiste d’exception.

Depuis cette rencontre, nous sommes devenues amies, et j’ai eu l’immense plaisir de travailler avec elle dans son atelier situé dans le sud de la France. Là-bas, j’ai découvert certaines de ses œuvres achevées et pu admirer, de près, la richesse de son art. Je me souviens particulièrement de sa série réalisée pour une exposition consacrée au Tango, qui venait tout juste de s’achever. Elle avait capturé avec une telle précision le mouvement des danseurs que j’avais presque l’impression qu’ils allaient s’animer et sortir des toiles ! Ses compositions reflétaient magnifiquement la sensualité de la danse et la complicité entre les partenaires.

Clotilde Maillard explore également des thèmes tirés de son enfance. Ses œuvres évoquent des moments universels et touchants, comme la frustration face aux humiliations d’un frère, admirablement illustrée dans Co-évolution antagoniste, ou encore la liberté exaltante de danser dans la nature après une épreuve libératrice, incarnée dans Couronnement où elle danse parmi des oies blanches majestueuses. Ces instants de vie, empreints d’émotion, prennent forme dans des créations remarquables.

Ses paysages à l’huile sont tout aussi impressionnants. Elle parvient non seulement à représenter fidèlement ce qu’elle observe, mais aussi à saisir l’essence même des lieux. Ces tableaux, d’une grande maîtrise, dégagent une beauté intemporelle. J’ai cependant un faible pour ses paysages à l’encre, qui possèdent une profondeur et une vitalité supplémentaires, ajoutant une dimension unique à son œuvre.

À mon sens, Clotilde Maillard excelle particulièrement dans l’art du portrait. Ses créations sont authentiques, dénuées de toute sentimentalité excessive. Parfois, de légères touches de stylisation viennent enrichir son interprétation, témoignant de son talent artistique. Son style, parfois empreint de graphisme, est captivant. Elle allie une maîtrise impeccable du dessin et de la couleur pour révéler la personnalité de ses modèles. Ces qualités font d’elle une artiste singulière, quel que soit le sujet abordé.J’éprouve une affection particulière pour ses portraits à l’encre. Ils dégagent une sensibilité différente, mêlant mouvement et éclat grâce à des couleurs vives et lumineuses.

Qu’elle célèbre la forme féminine, capture un instant fugace, partage un moment de complicité avec son modèle, ou révèle la beauté de la nature, Clotilde Maillard démontre avec brio qu’elle est maîtresse de son art. J’attends avec impatience de découvrir où son talent la mènera dans les années à venir.